LE THÉÂTRE
Le projet artistique
 
 

Un théâtre et un territoire : ce sont les deux données de l’équation. Cet équipement parmi les plus complets d’Ile-de-France participe pleinement, depuis des années, à travers ses missions de Scène nationale, à renforcer l’identité artistique et créative de Saint-Quentin-en-Yvelines.

 

De toute évidence il y a un souffle et une énergie dans cette maison. Dès les années 70, période de préfiguration, des pionniers ont travaillé le terrain afin que la Scène nationale puisse naître et s’inscrire dans l’histoire de la décentralisation. Les choix urbanistiques et architecturaux l’ont ensuite positionnée comme un lieu incontournable de la vie artistique et culturelle de l’Agglomération. Nombreux sont les publics fidèles qui lui sont attachés et en connaissent parfaitement les mues successives. Les partenaires que sont la Communauté d’Agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines, l’Etat, à travers le Ministère de la Culture et de la Communication, le Département des Yvelines et la Région Ile-de-France, sont à nos côtés.

 

Concevoir et porter un projet pour la Scène nationale de Saint-Quentin-en-Yvelines, c’est poser sans cesse la question de la place d’un équipement artistique destiné au spectacle vivant, qui fait partie d’un réseau d’excellence. Conçu avant les mutations des deux dernières décennies, il reste un outil rare et précieux, capable de servir la diversité des formes scéniques et d’accueillir les publics dans des conditions remarquables. Il s’agit de prolonger son inscription dans le présent de la décentralisation culturelle et d’accompagner les évolutions et parfois les « métamorphoses » de la société, afin que les spectateurs soient les plus nombreux et les plus divers possible à la découverte des artistes et des œuvres d’aujourd’hui.

 

Le TSQY est la pièce d’un large puzzle (local, régional, national). Il est implanté sur un territoire irrigué par la recherche, l’activité économique et remarquablement doté en équipements artistiques et culturels. Il doit pouvoir s’appuyer sur les atouts et les ressources d’un territoire pour devenir une « plate-forme collaborative » et travailler son identité propre. Par ses activités et sa posture, il doit être (et l‘art vivant à travers lui) ouvert sur la ville, sur le monde. Lieu de vie artistique inscrit dans le présent, il doit refléter la dynamique du territoire Saint-Quentinois pour rayonner au-delà. Il doit être un lieu pluriel.

 

Il ne s’agit pas d’une révolution mais d’une évolution du projet, « un passage progressif d’un état à un autre » : donner envie aux spectateurs de poursuivre l’aventure vers d’autres territoires artistiques et vers une vision renouvelée de ce que peut aussi être un lieu consacré aux arts vivants. C’est donc en partant des repères, et tout en replaçant le TSQY dans un cadre territorial que cinq axes principaux seront proposés dans les années à venir.

 

La place de la musique

 

Sous la direction de Jacques Pornon l’équipe a patiemment, et avec succès, construit l’identité du Théâtre de Saint-Quentin autour de la musique. C’est à travers elle qu’a été donnée à voir la diversité des écritures scéniques d’aujourd’hui. Les caractéristiques de l’outil technique (fosse d’orchestre, acoustique incomparable du Grand Théâtre) justifient sa place. Poursuivre l’accueil de grandes formes musicales est donc tout à fait naturel. Sur le versant opéra, c’est avec l’ARCAL (Compagnie nationale de théâtre lyrique et musical), dirigée par Catherine Kollen, que le TSQY développera au cours des 3 prochaines saison une collaboration poussée. L’ARCAL a pour objectif de rendre l’opéra vivant et actuel pour nos contemporains, dès le plus jeune âge y compris pour ceux qui s’en sentent le plus éloignés. C’est pourquoi elle a développée une diffusion dans les lieux d’opéra autant que dans les lieux non spécialisés. Associer l’ARCAL, c’est aussi faire appel à sa grande expérience de la création et de la diffusion de spectacles de forme très légère hors-les-murs, allant à la rencontre des publics, dans des cafés, salles des fêtes, écoles, maisons socio-éducatives, avec une exigence de qualité. Cet axe s’inscrit sur le territoire Saint-Quentinois, mais pourra aussi se développer sur la partie plus rurale des Yvelines.

 

La programmation musicale se déploiera aussi tout au long de la saison avec des rendez-vous réguliers. A côté des formes philharmoniques et lyriques programmées dans le Grand Théâtre, il faut profiter du climat d’intimité et de proximité du Petit Théâtre avec des rendez-vous réguliers visant à fidéliser les publics autour de la jeune scène musicale classique (musique de chambre), contemporaine, jazz et les musiques du monde.

 

Un laboratoire des nouvelles écritures scéniques

 

A côté de Catherine Kollen pour la partie lyrique, deux metteurs en scène seront également associés à la scène nationale pour les 3 prochaines saisons : il s’agit de Matthieu Roy et de Cyril Teste. Matthieu Roy est le directeur artistique de la Compagnie du Veilleur. Pour lui, le théâtre demeure plus que jamais un espace-temps privilégié où se trouve réunies toutes les conditions d’un échange intergénérationnel autour d’enjeux majeurs de notre société : la jeunesse, l’éducation, la culture. Mais pour lui le théâtre se joue aussi en dehors des théâtres. Si le texte reste l’élément déclencheur de son processus de travail, dès ses premières créations à la sortie de l’Ecole du Théâtre Nationale de Strasbourg en 2007, il a cherché à intégrer les technologies du son et de l’image à l’élaboration de sa poétique scénique pour travailler sur la perception de l’œuvre par le spectateur. Il considère aussi le travail d’accompagnement des publics comme essentiel. Cyril Teste a pour sa part créé le Collectif MXM à sa sortie du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris en 2000. Ce collectif réunit metteur en scène, comédiens, créateur lumière, musicien et vidéaste. L’interdisciplinarité est au centre de ses recherches. Depuis 10 ans, il travaille sur la problématique de l’image via le théâtre, sur la frontière qui lie deux espaces. Travailler avec les technologies du son et de l’image est une façon pour lui de réfléchir à notre place dans un environnement médiatique qui laisse peu d’espace pour la relation à l’autre. Le théâtre lui permet, par sa fonction, de s’inscrire dans une « réalité immédiate », de travailler sur le processus de fabrication des images. Ces espaces de recherches, loin d’être en huis-clos, restent avant tout des lieux d’échanges menés avec des personnes d’horizons très divers (acteurs amateurs et professionnels, étudiants, programmeurs, chef opérateur…). La question de la transmission en enseignement supérieur et professionnel est au cœur de son travail de création et reste l’un des moteurs fondamentaux de son processus de recherche.

 

Matthieu Roy et Cyril teste s’inscrivent tous deux dans ce qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler : les écritures de plateau (au sens où elles se fondent a égalité sur le texte, les acteurs, les éléments techniques et technologiques) qui sont depuis plusieurs années un des axes essentiels du renouveau des modes de représentations théâtrales. Ils ont tous deux en commun d’avoir réussi à développer leur compagnie autour de la pluridisciplinarité et l’utilisation du potentiel des nouvelles technologies. Chacun à leur façon, ils conservent le texte de théâtre comme un élément central de leurs créations, tout comme le souhait de collaborer avec des auteurs vivants en prise directe avec notre époque. Le binôme Matthieu Roy/Cyril Teste se verra confier une mission de programmation de 4 spectacles chaque saison (dont un spectacle jeune public) liées à ces nouvelles écritures scéniques. En concevant cette programmation, ils auront donc la possibilité d’apporter une couleur forte, une identité artistique et un regard qui est le leur. Ils réfléchiront non seulement à cet espace de programmation, mais aussi à des dispositifs sur le territoire pour que la dynamique de leur présence puisse avoir un écho, en invitant des artistes qui sont en résonnance avec les évolutions des arts de la scène. Leur mission sera d’accompagner à la fois des publics plus âgés dans les nouveaux bouleversements esthétiques et culturels, mais également un public plus jeune qui doucement apprend à regarder autrement les propositions contemporaines.

 

Un territoire de danse

 

La programmation chorégraphique de la scène nationale au cours de la saison 15/16, ce sont 14 spectacles et 27 représentations. Tout l’enjeu des saisons à venir sera de travailler à la complémentarité des programmations de la Scène nationale et du Prisme (Elancourt), dont les propositions chorégraphiques sont également nombreuses et exigeantes. Les deux lieux disposent d’outils techniques différents, permettant d’accueillir des formes différentes, mais aussi d’imaginer des spectacles partagés et des parcours d’artistes (autant que des parcours de spectateurs dans les esthétiques chorégraphiques d’aujourd’hui). Tout le sens de notre démarche sera de s’attacher à rechercher la meilleure complémentarité entre les deux équipements, connecter au mieux les actions, les résidences de l’un avec la programmation de l’autre pour avoir une idée globale de la place faite à la danse sur ce territoire. Une programmation concertée sera mise en œuvre dès la saison 2016/2017.

 

Les rencontres In Cité

 

Un théâtre doit être est un lieu de réflexion sociétale, un lieu de citoyenneté. Il faut affirmer cette inscription du théâtre dans le monde, pour qu’il y reste connecté ! La mise en place de l’Université Populaire du Théâtre, il y a quelques années, a permis de faire un pas dans ce sens. Allons plus loin : comment, dans un territoire irrigué par la recherche tenter de retisser le lien distendu entre la science et le citoyen et profiter de la proximité du pôle d’excellence scientifique et technique Paris-Saclay

 

En ces temps où chaque acte est pesé en fonction de son utilité immédiate, il est bon qu'existent encore des lieux où vivent ces choses « inutiles » : l'art, le débat, le questionnement, l'être ensemble et le plaisir de la rencontre et de l'échange. Réunir spectateurs, artistes et scientifiques sur une thématique permet de revenir au lien essentiel entre l'art et la vie, selon la désormais célèbre formule de Robert Filliou : « L'art est ce qui rend la vie plus intéressante que l'art. ». Rêver, construire, agir ensemble, replacer le théâtre au cœur d'un débat citoyen, donner la parole aux artistes pour qu'ils nous aident à mieux voir le réel, pour que la subjectivité de leur point de vue face écho à l'objectivité (a priori) de celle des chercheurs : tout cela doit contribuer, à notre échelle, à construire le monde de demain, à ouvrir les esprits et donc nos horizons.

Ces rencontres porteraient le nom de Rencontres In-Cité. Portée par la Scène nationale, elles doivent s’articuler autour d’une notion forte de partenariat, avec pour ambition de créer un événement annuel qui fédère différents acteurs de l'agglomération autour d'un thème ; de proposer des débats scientifiques et philosophiques où seront invités des chercheurs d'envergure internationale, des départements de R&D implantés sur le cluster, de programmer des spectacles qui éclairent, élargissent et déplacent le thème. Cette programmation thématique doit être guidée par le lien avec la société et par l'avancée de la science. Ce sont des sujets qui à la fois concernent chacun dans sa vie quotidienne et rejoignent des questions scientifiques ou philosophiques majeures de notre temps.

 

L’Education artistique comme clef de la diversité

 

L’éducation artistique et culturelle irrigue les axes du projet, car c’est aussi elle qui garantit la présence du théâtre dans la cité par la diversité sociale et culturelle des publics auxquels elle s’adresse. La Scène nationale y est profondément attachée et a même une longueur d’avance sur les questions qui la sous-tendent : quel sens et quels objectifs lui assigner ? Comment dépasser le cadre strictement scolaire ? Comment considérer que l’action culturelle ne doit pas seulement être dirigée vers les populations jeunes même si elles constituent une priorité dans leur grande diversité sociale ? Comment mettre en œuvre de véritables parcours (entre les équipements, entre les disciplines et ce pour chaque tranche d’âge) ? Comment inclure dans cette réflexion citoyenne certains des nombreux partenaires « extra-culturels » de l’agglomération ? La Scène nationale, avec à ses côtés la communauté éducative et le monde associatif, est formidablement active en la matière depuis des années et fait partie des établissements qui lui consacrent le plus de moyens. Le nombre, la qualité et l’originalité des dispositifs sont enthousiasmant, tout comme leurs répercutions directes sur la diversité des publics et la fréquentation. Il entrera clairement dans les missions des artistes associés et de la plupart des artistes programmés de développer non seulement des volets d’éducation artistique (et des volets plus légers d’accompagnement des spectacles) mais aussi une réflexion sur les modes opératoires, notamment en continuant à favoriser au maximum la pratique artistique au service des amateurs (et des amateurs éclairés). L’appropriation mutuelle des langages est la clef d’un dialogue sain, sur un pied d’égalité.

 
 
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-en-yvelines
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